mardi 3 novembre 2015

Cactus et désert - Km 3570 à 4560

Nous partons du camping du Grand Canyon le 23 octobre au matin vers 10h, ce qui est plus tard que dans nos habitudes, mais nous avions rencontré deux cyclistes de Floride la veille et nous avons jasé avec eux. Un bon 130 km nous sépare de notre prochaine destination, Flagstaff. Nous empruntons une petite route en diagonale pour nous épargner du temps, mais il s'avère que cette route n'a pas d'accotement. Évidemment, les véhicules circulent vite et nous dépassent à grande vitesse. Ce fût une journée fraîche de 72 km qui nous mènera jusqu'à la Kaibab National Forest où nous passerons la nuit. Il n'y a pas beaucoup de pollution lumineuse dans les environs, le ciel est vraiment magnifique à chaque soir. Mais qui dit ciel sans nuage dit nuit froide ! Très froide même. Nous découvrirons du givre sur le double toit de la tente au matin.


Le lendemain, nous avons une longue descente qui nous attend ! Yéééé ! Mais attention, le vent de face que nous aurons nous ralentira tellement que nous devrons pédaler pour garder une bonne vitesse. En arrivant en ville à Flagstaff, nous voyons plein de monde déguisé dans les rues. Il y a des polices un peu partout et les gens, assez jeunes en fait, crient, font du bruit et ont l'air sur le party pas mal. C'est vraiment louche. On se demande qu'est-ce qui passe en ville ?! On demande à un passant et nous apprenons que c'est le «Tequila Sunrise», un party où les bars sont ouverts à partir de 5h du matin jusqu'au lendemain, 5h am. Eh bien, c'est un méchant long party ça !! Par après, nous irons faire changer nos chaînes de vélos qui sont vraiment usées. Cela paraît lorsqu'on passe d'une chaîne finie à une chaîne neuve ! Le soir venu, nous serons accueillis chez des membres de WarmShowers.


Comme on doit faire l'épicerie avant de quitter la ville, nous partons de Flagstaff à 9h45. Ce sera une assez longue journée. Nous resterons sur l'autoroute quelques jours, il y a un superbe accotement, l'asphalte est belle et roulante. Mais le VENT est puissant et DE FACE. Êtes-vous tannés qu'on vous parle toujours de la température et du vent ? Eh bien nous, c'est ce qui détermine une bonne journée d'une journée difficile et éreintante. Nous ferons tout de même 103 km avec une moyenne de 21,5. C'est pas si pire ? Imaginez si le vent avait été de dos...On aurait moins forcé et nous aurions fait peut-être du 30, 35 km/h...Bref, toujours est-il que nous dormirons dans un camping désaffecté en périphérie de la ville de Winslow.

Après une mauvaise nuit, en partie à cause des bruits de l'autoroute 40, nous arrêtons à l'entrée de la Petrified Forest National Park, que nous n'irons pas visiter, malheureusement. Il y a beaucoup de parcs nationaux qui sont près de notre route, mais nous ne pouvons pas faire des détours de 1 ou 2 jours à chaque semaine pour tous les voir. Nous avons tracé notre itinéraire pour aller visiter quelques parcs. Faire le tour des 390 parcs nationaux des États-Unis serait un tout autre voyage !
Bref, nous nous arrêtons tôt, à 15h après 84 km. Fatigués, on va monter la tente et faire une sieste de 2h. On se réveille et il fait presque nuit. On se fait à manger, on fait la vaisselle et on retourne se coucher.

Après une longue nuit de sommeil, on prend le large à 8h15. Il fait soleil, mais c'est frais. Rendus à St-John, tout près de la frontière avec le Nouveau-Mexique, on se renseigne sur les prochaines villes pour se réapprovisionner en eau et en nourriture. On essaie d'avoir toujours une ou deux journées de nourriture et il nous est jamais arrivé d'en manquer. On achète à l'avance, car on ne sait jamais ce qui peut arriver : des vents de face terribles, des côtes interminables, de la pluie, du froid, un bris mécanique, une blessure, etc. En tout cas, on change notre itinéraire. Nous voulions emprunter une route de gravier pour nous sauver de la distance, mais cela nous aurait plutôt ralenti. Notre vitesse aurait été plus lente et nous aurions dû traîner beaucoup d'eau (ce qui est très lourd). Nous prenons donc vers le sud vers Springerville sur la route 60. On y parvient après 113 km à 19h. Après 3 jours de saleté, nous cherchons un camping qui offre des douches. On n'en trouve pas et personne ne sait où il y en a. Super. Il est tard, on a faim, on est sales et il va commencer à faire nuit bientôt. Après quelques mauvaise expériences, on sait maintenant qu'il faut toujours se trouver un endroit où dormir avant la nuit. On pourrait rouler sur des cactus, sur des excréments frais, ou autre...
Finalement, François va nous trouver une douche chez une madame super gentille qui nous offre de nous laver dans son RV :) Parfait ! Vite fait bien fait, on se rend ensuite à notre camping de fortune trouvé plus tôt. Dans les parcs des villes, il y a souvent des arbres, des espaces verts et des tables à pique-niques. C'est là que nous fêterons notre 4000e kilomètre avec une bouteille de vin ! En théorie, nous sommes au milieu de notre voyage. C'est également le 60e jour que nous pédalons. Déjà...que le temps passe vite !

On quitte Springerville vers 10h. Il fait super froid et nuageux. On garde nos pantalons, doudounes, gants longs et tuque. Après une heure, on se dévêti un peu et on traverse au Nouveau-Mexique, notre 7e état ! On avance l'heure d'une heure et toute la journée, ce fût des «up and down». Très plate à faire en vélo. On ne réussit pas à garder une cadence régulière. On change de vitesse fréquemment et les descentes sont courtes, on ne peut pas se reposer. On pédale tout le temps. Le temps se couvre et il commence à pleuvoir. On va trouver refuge sous un abri à la station des Rangers à Quemado, après 82 km. Il sera tout de même 18h15 lorsqu'on va s'arrêter.


Après une nuit sous la pluie, on prend la route fatigués. Lorsqu'il pleut, on entend les gouttes de pluie tomber et souvent, cela nous réveille quelques fois dans la nuit et notre sommeil n'est pas très bon. Au matin, il fait froid et il pleut. Lorsqu'on dit froid, c'est environ 12 à 15 °C au plus chaud, car le matin, c'est entre 0 et 5 °C. Nous sommes entre 1600 et 2000 m d'altitude, donc même en plein désert au Nouveau-Mexique...ce n'est pas la canicule. Loin de là ! Ici, le désert, ça veut dire étendue où ne poussent que des arbustes et des cactus et où ne vivent que des animaux adaptés à ces températures drastiques. Le soleil est chaud et il tape le jour, mais le vent et la température nous refroidissent vite. On s'habille en cuissard et en chemise, mais dès qu'on arrête, c'est la doudoune (lorsqu'il ne pleut pas). Pour la journée du  29 octobre, on est habillé en pluie avec notre polar en dessous du manteau imperméable.
On monte et on descend, «up and down» à l'infini. Ce n'est que ça le Nouveau-Mexique ou quoi ? Avec un vent de face, s'il-vous-plaît.

** PS : Le météorologue qui nous a dit que les vents étaient toujours d'ouest en est...on attend toujours notre vent de dos !!!! **

On fait un arrêt à Pie Town pour le dîner. On se dit qu'il doit bien avoir de la tarte à vendre avec un nom de ville pareil ! Effectivement, la ville est renommée pour ses tartes depuis qu'elle existe. C'est aussi la dernière ville des États-Unis qui est traversée par la «Continental Divide», la ligne de partage des eaux. Plusieurs cyclistes empruntent cette route qui part de Banff et qui se rend jusqu'au Mexique. En tout cas, on se fait très bien accueillir dans ce petit restaurant. Ils sont habitués de voir des cyclistes et nous font remplir un «Guest Book», où nous inscrivons nos noms, note ville d'origine, notre périple, etc. La tarte est délicieuse et on se réchauffe avant de repartir. Nous arrivons à Datil à 19h10. Affamés, on mange 2 hamburgers chaque au resto du village (on avait vraiment faim !!). Il doit bien y avoir 60 habitants ici ! On va dormir dans un camping fermé où il n'y a pas d'eau. On se rationne, mais on aura soif toute la nuit car le souper était pas mal salé...


Après une nuit pluvieuse, on range la tente et la bâche qui sont détrempées. S'il y a une éclaircie pendant la journée, nous arrêterons pour faire sécher ce qui est mouillé. Habituellement, avec un grand vent, ce n'est pas très long. Environ 15 minutes et c'est sec. Malheureusement, ce ne sera pas le cas cette journée-là. Au matin, nous nous levons 45 minutes plus tard que prévu car nous n'avons pas entendu le cadran. Avec un sommeil de médiocre qualité depuis quelques jours et de longues journées sous la pluie et le froid, nous sommes fatigués. On partira à 8h45 pour 108 km jusqu'à Socorro. Ce sera une des journées les plus froides sous la pluie. En plus, c'est sur un «stretch» au milieu du désert, sous la pluie, sans aucun arbre où François va faire sa première crevaison. On ne peut même pas installer la bâche pour se protéger de la pluie. Ariane se disait : «Au moins, ce n'est pas moi qui doit enlever mes gants pour changer mon flat !». Mais à deux, on est parvenu à changer la chambre à air en 45 minutes. Ce ne sera pas un record de vitesse...et cela ne nous tentait pas du tout de mettre de la rustine quand tout est mouillé. Et sur trois crevaisons, il y en a deux qui sont directement reliées aux pneus éclatés sur le bord de la route. On était donc assez pompés contre les camionneurs qui changent leurs pneus et laissent les vieux éclatés sur le chemin, avec les tiges de métal qui dépassent du caoutchouc. Oufff...des fois se défouler peut faire du bien au moral.
On descend une longue pente jusqu'en ville où nous trouverons un RV Park pour prendre une longue douche chaude. Il pleuvra toute la nuit.

Au matin du 31 octobre, il fait gros soleil ! On fera tout sécher sur plusieurs cordes à linge. On ira aussi faire l'épicerie avant de partir à 12h20. On se dirige vers le sud sur une petit portion d'autoroute où nous aurons le vent dans le dos (malade !) pendant 15 km.  On oblique vers l'est sur la 380 où le vent restera puissant, mais sera de côté. Nous devrons traîner 5 gourdes d'eau pleine plus la poche de 4L toute la journée, car la prochaine source d'eau que nous croiserons est à plus de 120 km. Nous dormons dans un village qui s'appelle Bingham. Il est composé de deux maisons : une de chaque côté de la route ! On dormira sur le bord de la route.


Le matin du 1er novembre, le double toit de la tente est couvert de givre, de même que nos sacoches et tout ce qui est à l'extérieur de la tente. Encore à 2000 m d'altitude, les nuits sont froides. On part à 8h (en fait 9h, on recule l'heure ici aussi !) et on doit se rendre au moins à Capitan pour la nuit si on ne veut pas traîner de l'eau pour la moitié de la journée. On arrive à Carrizozo un peu avant midi, on mange un peu, on fait sécher la tente et on repart. On sera à Capitan à 18h, après 100 km de «up and down» sans beaucoup de repos. On dormira dans un camping gratuit qui nous a été recommandé par un monsieur rencontré un peu avant le village de Capitan. Il nous a même donné deux bières et des «pinons», des noix de pins cueillies à la main. Elles sont très populaires, on voyait plein d'écriteaux sur le bord de la route sans savoir ce que c'était. Maintenant, on sait c'est quoi et on a même pu y goûter :)

Le lundi 2 novembre, une très longue journée nous attend. On se lève à 5h45 et on est prêt à partir à 7h30. Nous devons nous rendre à Roswell, car avant cela, il n'y a rien. Peut-être y a-t-il des villes d'écrites sur la carte ou sur Google, mais ce sont des villages comme Bingham : deux ou trois maisons, pas de poste à gaz, ni dépanneur ou point d'eau. Finalement, la route est en pente descendante et nous arrivons à Roswell vers 15h, après avoir pris une pause d'une heure en chemin ! Enfin, la chaleur ! On est maintenant à 1100 m d'altitude. Ce sera notre journée la plus grosse en terme de kilomètres : 117,5 :) Cela paraît que ça fait deux mois que nous pédalons, nous sommes habitués. 


Après être arrivés si tôt en ville, on se rend à l'UFO Museum. Roswell, c'est quand même la ville où il y a supposément eu cet écrasement d'ovni en 1947 ! Il y a des aliens et des bonhommes verts partout en ville et dans les boutiques touristiques. Tout est en lien avec le thème des ovnis, c'est assez particulier. 

Nous prenons une journée de congé aujourd'hui, mardi le 3 novembre. Pour écrire le blogue, pour se reposer un peu et regarder notre chemin pour les prochaines semaines. Nous nous dirigeons vers le sud-est pour éventuellement longer la côte. Lorsqu'on regarde la carte des États-Unis, nous ne sommes pas encore au milieu, puisque nous sommes encore dans le fuseau horaire des montagnes. Le prochain État, le Texas, est complexe : si on regarde la carte de l'État, il y a tellement de routes et de villages ! Mais nous devrons nous renseigner, car probablement que la plupart d'entre eux ne sont que des Bingham, c'est-à-dire quelques maisons, tout au plus. Nous devrons faire attention à notre ravitaillement en eau et en nourriture.

On se souhaite un vent de dos, pas trop de pluie ni de canicule. Un peu trop difficile ? Ok, alors un vent d'ouest. Qui dure toute une journée. S'il-vous-plaît.

jeudi 22 octobre 2015

Idées de grandeur - Km 2784 à 3570

Oui cela fait bien 10 jours que nous n’avons pas publié ou même donné de nouvelles. Pour vous donner une idée de l’occupation humaine sur le territoire géographique de l’Utah, on peut tracer une ligne le long de l’interstate 70. Au sud de cette ligne se trouvent plusieurs parcs nationaux où nous sommes allés. Entre ces parcs existent des petites villes où on peut trouver du pain, de la nourriture en canne et parfois des fruits et légumes et rarement (ou si on est chanceux) de la bière à 3,2 %. On doit donc prévoir notre épicerie (ou plutôt la laisser entre les mains de la chance selon la grosseur de cette dernière) selon notre itinéraire, lequel est prévu sur les villes que nous allons croiser. Nos journées sont parfois plus longues en temps ou en kilomètres selon ces points spécifiques. Nous essayons de nous arrêter dans l’après-midi remplir nos gourdes et notre poche d’eau de 4L pour le souper et le déjeuner. Vers 17h nous cherchons un endroit pour dormir, de préférence pas trop à la vue ou trop près des routes. On monte le campement, on prépare à manger, on fait la vaisselle, on ramasse tout et voilà, il est déjà 20h, 20h30, l’heure du dodo. C’est une routine qui est devenue très efficace.

Revenons au sud de l’Utah. À partir du parc national de Capitol Reef, nous sommes entrés dans la Dixie National Forest. Celle-ci nous accueille avec ses (trop) nombreuses et longues côtes de 8 à 14 % sous une chaleur crevante. Nous ferons une petite journée en km, 47 mais avec une moyenne de 10 km/h avec beaucoup de pauses. Nous dormirons dans la forêt. Le lendemain, on se dirige vers Escalante. On descend une longue pente jusque dans le fond d’un canyon où coule la rivière pour ensuite remonter ce canyon de l’autre côté. Encore une fois, il fait chaud et c’est ensoleillé. On arrive en ville et puisque nous voulons une douche, on se renseigne sur les campings. Celui que nous choisissons nous fait payer 5$ chacun seulement car nous sommes des cyclistes :) wow, c’est le même prix qu’une douche à certains endroits ! Par contre, c’est dimanche alors pas d’épicerie d’ouverte, pas de nourriture fraîche ni de bière. Encore moins le lendemain, car c’est un jour férié, le Colombus Day. Vive l’Utah !



Le soleil nous fera bouillir le sang en partant d’Escalante. Littéralement. Il me semble qu’après plusieurs jours de chaleur, on devrait s'y habituer. Mais non, on peut encore faire la différente entre une journée chaude ou très chaude. Par contre, le paysage est à couper le souffle. Nous terminons notre journée à Tropic où notre camping sera établi dans le parc de la ville. Il y a un toit, des tables à pic nic, des toilettes et de la belle pelouse verte pour la tente. Pour plus de précautions, nous attendons la noirceur avant de monter la tente. Le souper, on s’en souviens encore, était tellement bon : des burritos avec de la viande hachée fraîche et des bons légumes frais ! Miam ! Les étoiles étaient magnifiques cette nuit-là. Nous les avons admiré avant de nous coucher. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de les admirer de nouveau le lendemain matin. Comme nous étions un jour de semaine, qu’il y avait de l’école le lendemain et que nous étions en plein milieu du parc de la ville, nous avions décidé de nous lever tôt. Figurez-vous donc que Francois se réveille toujours le premier. Ce matin-là, comme d'habitude, il réveille Ariane. On se lève et…les étoiles sont superbes, le ciel est encore noir et il me semble qu’il fait froid. Finalement, on réalise qu’il est vraiment tôt…Il était 5h30 ! La routine du lever étant déjà entamée, on décide de partir aussitôt que nous serons prêts. Car nous ne sommes qu’à 15km du parc national de Bryce Canyon ! Mais un beau 15 km de montée. 








Arrivés au parc, on se renseigne et c’est toujours la même chose : on devrait tout voir ! Malheureusement, nous ne restons qu'un seule nuit. Mais comme il est encore tôt, nous avons le temps de visionner un petit film de 20 minutes sur les origines du parc, sur les animaux qui y vivent et les points de vues à ne pas manquer. Ensuite, on prend les vélos et on se rend aux différents sites d'intérêts. Nous irons même faire une petite marche de 2 km à travers un des canyons et les hoodoos de Bryce Canyon. Par contre, même des personnes comme nous (j'allais presque dire expérimentées haha) se rendent compte que leur équipement ou leurs choix d'équipement ne sont pas toujours les meilleurs...Nous sommes partis avec une paire de souliers à clip très ventilés et une paire de flip-flop. Alors pour la randonnée, on ne veut pas utiliser nos souliers car on briserait ou userait trop les clips. Si on les enlève, on risque de briser le mécanisme en dessous du soulier dans lequel on visse la clip. Donc ? On a fait la randonnée en gougoune haha ! On entendait les gens dire : flip-flop tralala (langue inconnue). Mais sérieusement, ce "hike" là était rien à comparé de ce que nous avons fait cet été ! Alors les gougounes étaient parfaites, on a pas eu chaud des pieds et on les a fait prendre un peu d'air et de soleil :) Le soir nous avons partagé notre campement avec deux autres cyclistes rencontrés dans la journée, un Québécois et sa blonde Australienne. Nous les recroiserons quelques jours plus tard.

Nous atteignons le 3000 km tout de suite après être parti de Bryce Canyon. Ce sera une journée assez fraîche, on gardera notre chemise par-dessus notre camisole. Le chemin est en pente descendante (cool !) avec un petit vent de face (inévitable). Nous parcourrons 94 km jusqu'à un petit village, Orderville. Village qui ne vend pas d'alcool pantoute : on doit se rendre au prochain village. On va se tenter au parc de la ville et se laver avec le boyau d'eau.

Le lendemain, une belle destination nous attend : le parc national de Zion ! La route est encore en pente descendante jusqu'à l'entrée du parc. Arrivés dans le parc, on a une surprise : les vélos sont interdits dans le tunnel. En avez-vous entendu parler ? La route est creusée à travers la roche et le tunnel est long de plus de 2 km. La route est très étroite et il fait assez noir. Nous avons donc fait du pouce quelques minutes avant de se faire embarquer chacun dans un camion. Très sympathiques, les gens étaient deux couples d'amis qui étaient très impressionnés de notre aventure. Ils nous ont débarqué après le tunnel. Sur la carte, on voyait beaucoup de "switchback" tout de suite après. On se disait : ayayaye, on va devoir se taper toute qu'une côte !! Eh bien non : on a descendu pendant plusieurs minutes à des allures folles, tout en admirant le magnifique parc qui nous entourait. Les couleurs, la roche, la végétation, tout était WOW. Nous avons laissé passé les véhicules, nous avions donc la route pour nous tout seul. Encore une fois, nous arrivons assez tôt au camping, vers 13h30. Sauf qu'il est indiqué "FULL". Eh bien, on laisse les vélos aux tables à pic-nic et on se dirige vers un groupe de campeurs qui ont l'air plaisant. On leur demande de partager leur site et voilà, nous avons des amis pour souper ! D'ici là, on va emprunter les navettes gratuites et nous rendre au bout complètement du parc. Ensuite, on va marcher un peu dans la rivière et faire un bout de la randonnée "Narrows". Cela aurait été vraiment le fun de marcher la rivière au complet, mais encore une fois, nous n'avons que nos gougounes, mais nous marchons pieds nus. Les cailloux sont un peu douloureux et l'eau assez froide, alors nous n'irons pas loin. Juste assez pour se dire qu'on voudrait revenir et voir de près un canyon étroit ! Même si c'était censé être un après-midi de repos, nous revenons assez fatigués au camping. Mais pas assez pour ne pas se baigner dans la rivière ! Une bonne baignade d'un dizaine de minutes, rien de tel pour nous revigorer ! Par la suite, petit souper, on jase un peu avec nos nouveaux amis et hop au dodo.




On se lève assez tôt maintenant, à 7h on est levé et on a déjà ramassé notre matériel de camping (sac de couchage, matelas, linge, etc). Nous emprunterons une route peu commune : c'est une route qui n'est pas entretenue et elle est en terre. Lorsqu'il pleut, elle est inutilisable. Lorsque nous l'avons emprunté, on pouvait voir les coulisses de terre, là où l'eau avait coulé. Il y avait beaucoup de roches, de grosses roches, de trous, de cratères, etc. Et elle était très abrupte. Très. Elle s'appelle "Cry Baby Hill" haha sans blague ! Les habitants du coin l'appellent ainsi. Et malheur à vous si vous l'empruntez sans 4x4 ! Nous on l'a monté un petit bout sur notre vélo, et ensuite on a dû le pousser. C'est plate pousser son vélo quand il pèse 120 lbs et que ça monte...Mais on a sauvé une journée de vélo en prenant ce chemin. 


Rendu sur la grande route asphaltée, on a traversé en Arizona, notre 6e État ! 


On se sait pas trop si c'est la route ou l'État, mais c'est la route la plus dangereuse que nous avons emprunté jusqu'à maintenant. Les véhicules ne se tassent pas, ils roulent vite, il n'y a pas d'accotement...Dangereux. Nous dormirons sous un abri dans la réserve amérindienne Zaiban Paiute et ce sera le premier jour d'une série de six de pluie incessante et de froid. 

La journée suivante, nous aurons une journée merdique : c'est super humide, il fait froid puis chaud, il pleut, il mouillasse, c'est des up and down toute la journée. Bref, genre de journée interminable où tu espères avoir une bonne douche chaude, car la carte nous indique un camping à Jacob Lake. Jacob Lake se trouve à la jonction de la route pour se rendre au North Rim du Grand Canyon. Eh bien, quelle ne fut pas notre déception de voir le camping fermé pour l'hiver ! On a donc pris une douche à même notre casserole. Nous avons fait chauffer de l'eau pour nous débarbouiller un petit peu. La dernière vraie douche date de Bryce Canyon...5 jours plus tôt !

La nourriture est super cher, pas trop de choix, pas trop frais...On se paye un déjeuner au resto du coin. MIAM la bonne bouffe aussi ça peut faire du bien à l'estomac et à la motivation ! Surtout que finalement, cette journée-là nous ferons 75 km en 3h ! Avec un vent de face en plus, wow ! C'est la que nous croisons nos deux amis cyclistes rencontrés à Bryce Canyon. Suivant leurs indications, nous prendrons une douche à Lees Ferry.  Nous prendrons l'apéro avec deux personnes très sympathiques du Colorado, Deb et Denis. Ensuite les choses se corseront. Rendus à notre camping pour la nuit (toujours à Lees Ferry, dans le parc national de Glen Canyon), on remarque que le ciel est bien noir...et que le tonnerre gronde très fort. On installe la bâche et la tente et BOUM la pluie tombe, les éclairs s'enchaînent les uns après les autres, le tonnerre gronde. Nous sommes entre deux orages. Le ciel est fabuleux, c'est beau ! C'est le plus gros et beau orage que nous ayons jamais vu. Dans le désert, on niaise pas : la nature de déchaîne. Même pendant la nuit, l'orage nous réveille. Le vent claque tellement fort sur la bâche qu'elle se découd un peu, la pluie tombe tellement fort que l'eau éclabousse la tente et même un peu sous le double-toit.

Au petit matin, notre sommeil a été pas mal dérangé et c'est deux cyclistes pas trop reposés qui repartent sur la route. Ariane fait sa deuxième crevaison : elle a roulé sur une épine de cactus ! Gare à elles ! Il ne pleuvra pas cette journée, mais elle sera très froide et nuageuse avec un énorme vent de face et une montée interminable. En fait elle sera de 75 km, la totalité de notre journée. Nous sommes fatigués et nous devons pédaler très fort contre ce satané vent pour avancer. Nous ferons 6h de vélo avec une moyenne de 12 km/h. Il n'y a pas grand chose entre le matin et le soir. Il n'y a pas de village, pas de dépanneur, rien. On ne fait que pédaler. On dort dans la réserve amérindienne de Navajo. En Arizona, on recule l'heure d'une heure comparé à l'Utah. Eh bien dans les réserves, l'heure n'est pas reculée. On change donc d'heure à chaque jour (en sortant et en entrant dans les réserves). Finalement, c'est bien plus simple de se lever avec le soleil. Sauf que ce matin-là sera difficile. La fatigue l'emporte et on va rester au chaud dans la tente un peu plus longtemps que d'habitude. Nous nous ferons prendre par une pluie matinale pendant qu'on déjeune. Yééé...
On repart sous la pluie et le froid en direction sud...avec un vent de dos ! Du jamais vu ! On réussit à faire 50 km en 1h50 !!!! On fourche ensuite vers l'ouest (dernier détour avant de se diriger vers l'est). On est sur la 64 Ouest depuis un bon moment déjà lorsqu'on se rend compte qu'on n'a pas rempli notre poche d'eau ! On s'arrête dès qu'on voit une maison, car elles sont rares sur la réserve, aussi loin du village. Très gentil, le monsieur nos donne plus de 6L d'eau et ce, même s'il n'a pas l'eau courante. Il doit aller remplir ses bidons d'eau au village. Il nous informe aussi qu'un belle montée de 10 miles (16 km) nous attend. Le ciel est dégagé et il commence à faire chaud. La montée nous donne une superbe vue de la Gorge de la Petite Rivière Colorado. C'est un canyon dans lequel coule un affluent de la rivière Colorado qui elle, coule dans le Grand Canyon. Nous en avons eu un aperçu à Lees Ferry, car c'est là que la mise à l'eau des bateaux qui descendent la Colorado a lieu.
On termine cette journée un peu avant 17h car on ne peut pas dormir à l'intérieur des limites du parc national du Grand Canyon et on n'aura pas le temps de se rendre jusqu'au camping. On s'arrête dans la forêt nationale de Kaibab où on aura la paix. Ce sera tellement silencieux qu'on entendra aucun bruit sauf celui de nos respirations.

Au matin, il pleut encore (!!!) et il fait froid. On s'habille chaudement et on commence notre journée en pensant à notre douche chaude du soir, au camping du Grand Canyon. On est pas obsédé par les douches, mais quand il fait froid et il pleut depuis plusieurs jours, c'est réconfortant !





Il fait très nuageux et il y a beaucoup de brouillard. On ne voit carrément rien du paysage et on ne voit les autos qu'à la dernière minute. Une chance que nos manteaux sont assez voyants, que nous avons des lumières, un dossard et plusieurs accessoires réfléchissants ! Finalement, on arrive au camping du Grand Canyon. C'est le premier parc national depuis Yellowstone qui offre des sites de camping pour les hikers et les cyclistes à seulement 6$ par personne par nuit. On se campe et on installe la bâche, heureusement car il va pleuvoir toute la soirée.
Comme nous n'avons quasiment rien vu du parc, nous décidons de rester une journée de plus. Nous irons visiter le parc aujourd'hui, nous marcherons le long du Grand Canyon et nous lirons tout plein de panneaux informatifs. Demain, nous prendrons la route vers Flagstaff où nous ferons une vérification de la mécanique de nos vélos, puis ce sera le grand départ pour l'est ! Selon un météorologue, nous devrions avoir des vents qui soufflent d'ouest en est (donc des vents de dos ???). On a bien hâte de voir ça, car il faut le voir pour le croire !

samedi 10 octobre 2015

Rouge, la couleur dominante - Km 2094 à 2784

En partant de Salt Lake City, il nous a bien fallu une journée complète de pédalage pour sortir de la ville et de sa banlieue. Les rues de cette ville sont construites en quadrillé, il est donc assez facile de s'y retrouver. La carte du centre-ville montre toutes les pistes cyclables en les cotant vert, jaune, rouge ou gris. C'est-à-dire que les «bike lane» en vert sont très sécuritaires et les cyclistes ont une voie complète dans la rue peinturée en verte afin qu'elle soit plus visible. Les «bike lane» jaunes ont une voie réservée, mais elle est plus étroite et sur une artère où les voitures roulent plus rapidement. En rouge, il n'y a pas de voie réservée et il peut même y être dangereux d'y circuler. Et en gris sont les pistes cyclables en construction.

Malgré tout cela, rouler en ville a ses inconvénients : nous devons souvent arrêter aux lumières rouges et rester très attentifs aux voitures qui tournent, qui nous dépassent, qui roulent trop près de nous à notre goût...C'est assez fatiguant en fin de compte. Nous complétons cette journée à Provo après 81 km. En fait, pour être plus précis, nous terminerons cette journée sur une note très...exceptionnelle. Nous avons dormi dans un arbre ! Eh oui, notre hôte avait elle-même construit une maison dans un énorme arbre dans sa cour arrière. Nous devions monter dans une échelle haute de plus de 10 mètres, puis il y avait trois paliers à cette maison. Nous avons dormi à la belle étoile, dans nos sacs de couchage :)



Le jour d'après a été plus court. Après une journée fraîche le matin, puis chaude en après-midi, nous nous sommes arrêtés en plein milieu de nulle part pour y passer la nuit. Un petit 54 km qui nous a donné bien du fil à retordre. On dirait que le vent est toujours de face ! Il nous ralentit terriblement, et ses rafales nous obligent à redoubler d'ardeur dans nos coups de pédales pour garder une moyenne de 10 à 15 km/h. La route que nous avons emprunté suit un canyon et il était assez ardu d'y trouver un terrain plat qui n'était pas trop à la vue de la route. Nous avons donc dû campé tout près de la rivière, mais aussi tout près du chemin de fer...(encore!). Ah oui...cela faisait 14 jours qu'il n'avait pas plu, mais nous avons sorti nos imperméables cette journée-là.


Le lendemain, nous parviendrons à Wellington, Utah à 19h après 86 km. Le vent est toujours aussi chiant. Mais qui ne risque rien n'a rien : nous soupons sous un abri au parc du village. Il y avait une famille qui s'était installée sous cet abri pour fêter un anniversaire. En partant, il nous ont laissé de la pizza et du gâteau de fête ! C'est super ça comment entrée hihi La journée suivante se terminera à Green River, un dimanche. Saviez-vous qu'en Utah, il existe de drôles de lois ? Tout d'abord, TOUTES les épiceries sont fermées le dimanche. Merde, nous devons manger, nous ! Au moins, il existe des espèces de dépanneurs (un peu plus cher, un peu moins de choix). Ensuite, personne ne peut acheter de «hard beer» (bière de plus de 4% d'alcool...) ailleurs que dans les Liquors Store, du lundi au samedi de 11h à 19h. Donc le dimanche, si vous voyez de la bière en vente dans un dépanneur, retenez-vous, ne l'achetez pas. À moins que l'envie de boire une bière à 3,2% d'alcool qui goûte l'eau ne vous prenne ! Eh donc, on a même pas pu fêter notre plus grosse journée en termes de kilomètres : 100,48 ! Pas grave, on en a vu des pires.

Au matin suivant, on se dirige sous la pluie vers Moab. Nous ne pensons pas nous rendre, mais nos 38 jours de vélo nous ont rendu forts et endurants (en tout cas, plus qu'au début!). Nous pédalons 97 km jusqu'à notre camping de fortune. La route n'était pas très belle, : l'accotement était quasiment inexistant, il y avait beaucoup de traffic et beaucoup de gros camions qui roulaient très vite. Par contre, la vue était unique. Nous avons eu un aperçu du Parc National de Canyonland (que nous ne visiterons malheureusement pas). L'horizon est orangé, rouge, brun, strié de vert et de blanc. La roche est lisse et semble douce, le sable est rouge et partout il y a des canyons et des montagnes (appelons-les ainsi) qui sont typiques du sud de l'Utah. Elles ne sont pas très hautes et plates sur le sommet.


Après une trop courte nuit, nous partons tôt pour nous rendre au Parc National de Arches.  Ici, la haute saison touristique est de mai à octobre. C'est pour cette raison que la file de voitures était si longue ! Mais en vélo, on passe plus rapidement si on connaît la technique. À l'entrée du parc nous attends une pas pire montée en lacets. L'air est sec et nous transpirons beaucoup, il fait très chaud rapidement. Il n'y a qu'une route qui fait un aller-retour dans le parc. Pour voir les arches les plus populaires (et donc les plus gros, les plus beau, les plus impressionnants, les plus colorés, etc.), il faut sortir de la route principale et faire un autre aller-retour jusqu'au stationnement, et ensuite emprunter un sentier qui mène jusqu'aux monolithes. En vélo, c'est une journée de plus de 100 km plus les petites marches de santé qui nous attend. Avec le dénivelé de la route du parc, nous ne nous rendrons pas jusqu'au bout. Il y a plus de 2000 arches dans ce parc, et le paysage est beau à couper le souffle partout où l'on regarde. Nous ne sommes pas déçus du détour !





En chemin, une voiture immatriculée «Québec» nous a dépassé. Nous avons fait la connaissance de Sylvie et Marcel, deux Québécois qui voyagent depuis 6 semaines à travers les États-Unis. Nous les rejoindrons le soir-même à leur camping afin de partager un super repas. Nous y passerons finalement la nuit. Ce matin, nous sommes partis tard, il était environ 11h. C'est dur de se quitter ! Nous nous rendrons de nouveau à Green River. Il s'agissait vraiment d'un aller-retour. Nous aurions pu emprunter une route qui passe par le sud, mais elle nous rallongeait de 2 jours et elle passait à travers des montagnes et des passes de près de 10 000 pieds. Boooafffff...finalement on rebrousse chemin et on refait le chemin d'il y a deux jours. Par contre, nous vous conseillons de calculer votre épicerie et d’emprunter le chemin qui passe par le sud. Il a l’air bien plus intéressant…


Une journée de vélo de 96 km plus tard, nous sommes à Hanksville, très petit village où le prix du gaz est cher, la nourriture peu abondante et dispendieuse et sans Liquor Store. Entre les deux villes se trouvent du sable, des fourmis et des formations rocheuses surprenantes. Nous trouverons un camping en ville pour y prendre une douche. Après plusieurs heures de vélo sous un soleil cuisant et plusieurs couches de crème solaire, sa fait du bien de se décrasser ! Nous faisons également la connaissance de deux Allemandes que nous recroiserons le jour suivant dans Capitol Reef. En effet, ce parc national est plutôt étroit (la largeur de la chaîne de montagne), mais long de 161 km. C’est très impressionnant à rouler en vélo dans ce parc puisque nous sommes entourés de hautes falaises très colorées et lisses. Les formations rocheuses se ressemblent un peu toutes dans le sud de l’Utah, mais chaque parc a ses particularités et a été formé de façon spéciale, ce qui les rend uniques. Nous dormirons au camping du parc qui est plein, mais nous nous sommes fait inviter par les Allemandes rencontrées le jour d’avant à Hanksville :)



Aujourd'hui nous fourcherons pour prendre la route 12 vers Boulder et les autres parcs renommés de l’Utah ! Il fait très chaud et c'est ensoleillé avec presque pas de nuage. Nous avons un col à grimper et son sommet se trouve à 9200 pieds. Au moins, tout ce qui monte fini par redescendre...

mercredi 30 septembre 2015

Direction plein sud - Km 1630 à 2094

Nous voilà en Utah, notre 5e État. Plus précisément, nous sommes à Salt Lake City. Nous avons pédalé notre 2000e kilomètre juste avant d'arriver à Ogden, Utah. Mais avant d'y arriver, il s'en est passé des choses !

Nous partons donc de Jackson Hole au Wyoming le matin du 24 septembre. La veille, il nous avait été difficile de nous trouver un endroit pour dormir. Finalement, avant qu'il ne fasse trop noir, nous demandons à un monsieur si nous pouvons tenter sur son terrain. Des fois, il faut mettre de côté notre super indépendance et se rendre à l'évidence : en ville, il peut être ardu de trouver un espace qui n'appartient à personne afin d'y camper. Donc, nous partons de cette ville touristique et un superbe faux plat descendant nous permet de ne pas suffoquer sous l'effort, car c'est à partir de ce jour que nous connaîtrons des températures chaudes et étouffantes. Même que nous nous permettons une pause-sieste vers 14h. Nous nous abritons à l'ombre, nous buvons notre eau rendue chaude, on se remet de la crème solaire et on repart (après une sieste de 10 minutes !). Nous traversons le Targhee National Forest pour finalement aboutir à Etna, un des petits villages que nous croisons sur notre route. Nous choisissons de nous arrêter près de la Salt River pour nous baigner / laver, ce qui fait vraiment du bien ! Même que près de cette rivière se trouve un abri, sous lequel nous dormirons ce soir-là. Nous entendrons des vaches et des loups pendant la nuit.


Le lendemain, nous pédalerons notre plus longue journée jusqu'à maintenant : 6h17. Le soleil est très puissant, il n'y a pas de nuage et le vent est soit de face, soit nul. De plus, nous rencontrons la Salt Pass, une montée d'environ 3 kilomètres de long et une descente de plusieurs kilomètres avec 7% d'inclinaison (avec un vent de face, évidemment !). Entre 13h et 15h, il fait tellement chaud et sec comparé au début du voyage, nous ne sommes pas acclimatés et c'est le moment de la journée le plus lourd. Nous pédalons dans une vallée où des pancartes nous avertissent qu'il est interdit de s'y camper. Nous poursuivons notre route, à la recherche d'eau et d'un endroit pour passer la nuit. Vers 19h, nous trouvons un chemin en cul-de-sac qui mène derrière un monticule. Il coupe le son de la route et nous met à l'abri des regards. Il fait presque noir et nous montons rapidement le campement pour préparer à souper. Après 28 jours, nous sommes devenus efficaces dans notre routine de qui-fait-quoi. Ce soir-là, la lune était presque pleine et nous éclaire beaucoup. La lampe frontale d'Ariane n'a plus de batterie, mais elle n'en aura pas besoin.


Au petit matin, nous sortons de la tente et pour une des premières fois depuis 10 jours, nous n'avons pas besoin de mettre de pantalon le matin. Il fait déjà chaud ! Même durant la nuit, Ariane ne dormira pas toute habillée (enfin !). Nous pouvons aussi apercevoir de la roche rougeâtre et de la poussière de cette roche. Nous nous rendons jusqu'à Bloomington, Idaho (nous nous étions arrêtés un peu avant Geneva, Wyoming) après avoir pris un nombre incalculable de pauses. Nous parcourons un petit 55km qui comprend beaucoup de montées et encore une fois ce puissant vent de face. Il nous ralentira jusqu'à Ogden, en Utah.


À partir de Bloomington, nous traversons la frontière de l'Utah en direction de Logan. Nous nous heurtons à une montée de 8 kilomètres de long (sans blague) pour parvenir jusqu'au sommet de la Beaver Mountain. La descente sera très longue, elle nous mènera jusqu'à notre camping du soir, quelques kilomètres avant Logan. Mais encore une fois, le vent ne nous en fera pas profiter, nous devrons pédaler pour maintenir une vitesse de 20 km/h. Ce que ça peut être frustrant parfois !



La route du lendemain nous fera découvrir l'influence du climat chaud et sec de l'Utah à travers la végétation, le type de sol et la faune. Pour la première fois, nous verrons un serpent (à moins que ce ne soit une énorme couleuvre) écrasé sur le bord de la route. Nous traverserons une de nos dernières passes selon les dires des habitants du coin. Encore une fois, la descente est très longue. Elle s'étale sur plus de 7 miles de long. Le paysage est très différent de ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il fait nuageux et c'est parfait pour nous. Nous pédalons notre 2000e kilomètre un peu avant Ogden. C'est une ville en périphérie de Salt Lake City, notre destination du lendemain. 

Nous avons passé la nuit chez une famille très accueillante. Les poules et les canards en liberté dans leur cour nous ont permis d'avoir un excellent déjeuner avec des oeufs frais ! Nous parcourons les derniers 77 kilomètres pour arriver à la capitale de l'Utah, où nous prendrons une journée de congé, notre 3e du voyage. Après 11 jours, ça ne peut pas faire de tort ! Nous en profiterons pour faire un tour du centre-ville et faire quelques achats du genre gaz, crème solaire et campsud (savon biodégradable qui nettoie tout et qui peut s'utiliser près d'un cours d'eau).



Jusqu'à présent, nous n'avons fait qu'une seule crevaison et nous n'avons eu aucun ennui mécanique. Nous avons fait vérifier notre chaîne et elle est encore bonne pour 1500 km selon les dires du mécano. Notre équipement "tuff la run" et le manteau imperméable est dans le fond des sacoches, inutilisé depuis 11 jours. On ne s'en plaint pas !

mercredi 23 septembre 2015

L'automne est arrivé - Km 890 à 1630

Eh oui, cela fait bien 12 jours que nous n'avons pas donné de nouvelles, mais cela est en partie à cause des routes que nous avons choisi d'emprunter. Pour plusieurs d'entre elles, le Wi-Fi était assez difficile à trouver.

Ariane a fait sa première crevaison en se rendant au ACA (Adventure Cycling Association) à Missoula. C'est un très bel endroit pour les cyclistes et les voyageurs à vélo. Il y a des vieux vélos, des photos de tous ceux qui sont passés à l'ACA (dont une de nous deux !), des cartes cyclables et des routes «approuvées» par l'ACA, c'est-à-dire dont l'accotement est assez large et où il est agréable d'y rouler.


Une fois la chambre à air réparée, nous avons emprunté une route moins achanlandée pour nous rendre à Drummond où nous nous sommes lavés dans la Fork River. On n'est plus dans la saison de la baignade, mais l'eau était fraîche et bonne après une longue journée chaude. Car tout le monde sait que que chaleur + sueur + poussière = je veux une douche !

Le village suivant où nous avons dormi est Philipsburg et nous y avons pédalé notre 1000e km. Comme partout où nous posons les yeux, ce sont des champs de blé où broutent les vaches et il y est difficile d'y trouver une petite place subtile et à l'abri des regards pour monter la tente. Nous avons élu refuge dans un champ. Enfin, plus de train qui klaxonne et qui nous réveille à toute heure de la nuit ! Ce sont plutôt les vaches et les coyotes qui ont accompagné notre sommeil. Ce fut aussi la dernière journée ensoleillée que nous connaîtrons avant plusieurs jours (certains d'entre vous ont vu un aperçu sur notre page Facebook...).

Dès le lendemain, la température a chuté et le ciel s'est couvert. Juste après avoir passé Butte, nous avons encore une fois choisi une petite route en direction de Sheridane. Nous avons commencé la journée sous la pluie, pour ensuite voir brièvement le soleil et ensuite  se faire grêler dessus! Nous avons eu le vent dans le dos pour obtenir des vitesses de 30 km/h pour après l'avoir en pleine face et avoir de la misère à avancer à 10 km/h ! Ce fut notre plus grosse journée en terme de kilomètre, nous avons fait 98 km avec en plus la Pipestone pass (montée en S de quelques kilomètres).


Après cette fameuse "pass" nous l'avons descendue ! Plus de 10 km de descente, ça aurait été super rapide et excitant, si seulement il n'avait pas plu et grêlé à boire debout et fait un froid de canard. Malgré tout, nous avons atteint des vitesses dans les 60 km/h ! C'est à cet endroit que nous avons visité les premiers villages qui ont créé le Montana. Ce sont des chercheurs d'or qui ont fondé Nevada City (Ghost Town) et Virginia Town. Il y a encore les trottoirs en bois et les devantures style Far West. C'est très intéressant de lire les pancartes historiques sur le long de la route. Bref, cette belle descente nous a mené à Ennis où nous avons dormi à l'arrière de la distillerie, entouré de crottes d'animaux de toutes sortes (wapiti, antilope américaine, etc).

Poursuivons donc notre route. Si vous consultez une carte, vous voyez très bien où on se dirige...Vers le Parc National de Yellowstone ! Mais juste avant d'y arriver, nous avons dû affronter une tempête de neige qui est carrément venue de nulle part. Nous étions mouillés à cause de la pluie, et voilà qu'il commence à faire froid et à neiger ! Des gros flocons mouillés haha c'était drôle pour un 17 septembre, mais rendu vers 17h, on rêve à une nuit au sec et au chaud...Fatigués et affamés, on décide de s'arrêter dans un RV Campground (eh oui on a vu un toit alors on s'est dit : à l'attaque  !). La madame qui nous a répondu à l'accueil a refusé de nous laisser monter notre tente sous le patio du restaurant qui était fermé. Mieux : elle nous a laissé dormir en dedans, dans un lit avec un grand espace pour faire sécher nos choses, une douche et même la télé ! Des fois, faut endurer le pire pour connaître mieux :)


La journée suivante, nous nous rendons jusqu'à West Yellowstone, la ville qui se trouve juste avant le parc national. En chemin, nous avons rencontré Tony, un Anglais qui voyage à vélo lui aussi. Nous avons échangé quelque peu, puis nous sommes partis devant, mais nous allions le retrouver 2 jours plus tard. En arrivant en ville, pas de surprise : tout est hors de prix. Nous cherchons à nous camper en périphérie de la ville, quelque part dans le bois, mais tout est habité. La noirceur arrivant rapidement, nous décidons de cogner chez des gens pour leur demander si nous ne pouvons pas monter la tente sur un petit espace de pelouse. Surprise : nous sommes invités à souper et à dormir dans le tipi qui se trouve sur leur terrain. Le souper fut excellent, mais la nuit froide. En effet, dans une tente, même ventilée avec des moustiquaires, nous pouvons réchauffer l'air ambiant tout au long de la nuit. Mais dans ce tipi, il est si grand et haut que Ariane a gelé toute la nuit (maudit sac de couchage pas assez chaud).


Très accueillant, Richard nous a fait visiter le parc de Yellowstone, ses nombreux geysers, ses "mudpots", ses "hot springs" et "hot pools". Nous y sommes allés en auto pour plusieurs raisons que nous expliquerons plus bas. Le soir venu, nous sommes restés à souper et nous avons dormi dans la maison. Nous partirons le lendemain matin pour faire notre plus petite journée en terme de kilomètres, soit 26 km et traverser au Wyoming, notre 4e État.



Pour ceux qui rêvent de visiter le parc de Yellowstone à vélo, voici quelques faits :
- On doit dormir dans les campings puisque c'est un parc national. C'est pourquoi nous n'avons parcouru que 26 km le premier jour, sinon il aurait fallu en faire plus de 80 tout en s'arrêtant continuellement pour visiter, marcher, prendre des photos, contourner les bisons, etc...
- Le parc ne possède pas d'accotement sur toutes ses routes;
- Les campings sont répartis pour être joignables aisément en voiture, pas en vélo (journée trop courte où vraiment trop longue);
- Il y a des espaces de camping réservés pour les marcheurs et les cyclistes;
- Même si les campings sont pleins (avec plus de 300 espaces chacun), le parc peut fermer un camping du jour au lendemain sans avertissement. Si vous aviez décidé de vous y rendre pour dormir, vous devez aller au prochain. Même s'il se trouve à 10 miles (17 km) et qu'il est 18h ? Ben oui...c'est juste à 10 miles et le camping est présentement fermé. Désolé.
- Malgré tout, le parc est vraiment exceptionnel et nous sommes contents d'être passé par là... :)

C'est donc notre 2e journée dans le parc, qui est censée être la plus intéressante au niveau de la vie sauvage (nous avons croisé de près beaucoup de bisons !) et des phénomènes naturels tels que les geysers et autres énumérés plus haut. Même si nous les avions déjà vu de près, nous voulions prendre des photos de nous avec les vélos. De plus, chaque visite. Une fois rendu au 2e camping, nous apprenons qu'il est fermé et que nous devons aller environ 10 miles plus loin. Mais il est tard, nous avons faim. On aurait pu rester au camping fermé et y dormir, mais nous aurions eu une belle amende très salée !! Un peu (beaucoup) en colère contre une telle incompréhension de notre situation, nous reprenons la route pour aller dormir au Lewis Lake. 
**Un peu plus tôt dans la journée, un gars en véhicule a fait demi-tour pour nous demander où nous allions dormir. Il nous a invité à souper avec au menu de la truite fraîche à son camping à Lewis Lake, mais nous avions prévu arrêter avant.**
Nous avons retrouvé le sourire avec un souper de patates frites de l'Idaho et de la truite   fraîche du parc de Yellowstone braisée sur le feu, arrosé de bière locale. Un délice ! Nous avons même rencontré deux couples de Français qui passaient leurs vacances aux États-Unis.




En quittant le parc de Yellowstone, nous entrons dans le John D Rockefeller Jr Memorial Parkway, puis dans le parc National de Grand Teton. Il s'appelle comme ça car c'est le nom d'un grand chef amérindien du coin (et Ariane qui pensait que c'était à cause que les montagnes du parc ressemblent littéralement à des...). Les montagnes ici sortent un peu de nul part et elles sont très hautes. Il y a beaucoup d'activités à faire ici, dont de l'escalade, des hikes, du ski hors piste, du ski en station, de la motoneige, etc.




Nous reprenons la route demain en direction sud. Peut-être verrons-nous la température monter un peu, mais ici aussi c'est l'automne. Les peu de feuillus que nous voyons dans le parc national de Grand Teton ont tous les feuilles jaunes !

vendredi 11 septembre 2015

Maintenant la chaleur - Km 529 à 890

Nous avons pris une journée de congé neuf (9) jours après notre départ, et cela nous a fait du bien ! Pourtant, nous n'avons pas chômé. Ménage de sacoches, lavage, douche, mise à jour du blogue, etc. Quelques kilomètres après avoir quitté Spokane dans l'État de Washington, nous avons traversé en Idaho, notre deuxième État américain. 


Cet État est très étroit là où nous l'avons traversé, nous y avons donc passé seulement deux nuits. La première fût à quelques kilomètres passés Coeur d'Alene et la deuxième à Wallace, ville qui extrait la plus grande quantité d'argent dans tous les États-Unis. Malheureusement pour nous, lorsque nous avons passé par la ville de Coeur d'Alene, c'était le lundi de la Fête du Travail, donc tout était fermé. Nous n'avons pas pu nous informer à l'information touristique sur les routes à emprunter. À Wallace, nous avons rencontré un couple de cyclistes qui nous ont dit que nous avions raté la plus belle piste de vélo, c'est-à-dire la Coeur d'Alene Trail. Elle part de la ville du même nom jusqu'à la Look-out Pass, environ 15 km plus loin de Wallace...Mauvais timing de notre part !



Le lendemain matin, nous empruntons cette piste cyclable pour se rendre jusqu'en haut de la Look-out Pass, où se trouve une station de ski particulière. Celle-ci chevauche l'Idaho et le Montana et offre trois versants : le Montana side, l'Idaho side et le North side.




Comme tout ce qui monte fini par redescendre, nous avons descendu de l'autre côté du versant pendant plus de 15 km...nous y avons même battu notre record personnel de vitesse ! Nous nous sommes arrêtés pour la nuit à St-Regis où nous avons campé à côté de l'épicerie de village. Les propriétaires nous ont gentiment offerts de dormir sur leur terrain. Francois nous fait du très bon café le matin !



Ce que nous avons constaté au Montana, ce sont les vaches, les montagnes vallonneuses et sèches, avec des étendues de sable. Les arbres sont également immenses pour des arbres à l'intérieur du continent. Les épines de pins sont plus longues que ma main et la circonférence des arbres est telle que c'est en embêtant pour attacher la bâche, les cordes ne sont pas assez longues pour en faire le tour...Il fait aussi beaucoup plus chaud ici la nuit (et le jour). Du côté est des montagnes de l'Idaho, nous n'avons plus besoin de notre tuque et de notre deuxième chandail pour dormir. Tôt le matin, il fait tout de même frisquet, mais cela ne prend pas de temps avant de se retrouver en camisole et cuissard. Les températures ont monté jusqu'à 27°C, comparativement aux 15°C que nous avons connus auparavant...

Notre deuxième journée au Montana s'est terminée avec une bonne douche / baignade dans la Clark Fork River. Fraîche, mais ô combien agréable après une longue journée à la chaleur écrasante. N'oubliez pas que nous ne sommes pas du tout habitués à de telles chaleurs, nous qui avons passé l'été à Canmore dans les montagnes albertaines. Par contre, l'endroit où nous avons choisi de passer la nuit a été très mauvais pour notre sommeil. Depuis Seattle, notre route est presque parallèle au chemin de fer. Nous étions donc entre les trains qui klaxonnent pour nous avertir de leur arrivée (merci, on vous entend très bien) et les nombreux camions et autos qui circulent sur le freeway (autoroute à grande vitesse) à toute heure du jour et de la nuit. Laissez-moi vous dire que nous avons fait la grasse matinée...jusqu'à 8h !


Aujourd'hui, nous arrêtons à Missoula, encore au Montana. Il fait très chaud, nous en profitons pour remplir nos bouteilles, faire l'épicerie et se trouver une place confortable pour dormir.

Ps : Presque 1000 km plus tard, nos fesses vont bien merci ! Mais les jambes, hou là ! (seulement pour Ariane, elle va trop vite. Francois est top shape)